LE PETIT BILLET D’HUMEUR DES RÉGIONALES – Guillaume Peltier : Un soleil vert au rayonnement «utraviolette»

C’est notre rentrée politique ! Les élections régionales ayant lieu en 2021, la rédaction de Blois 2020 Le Grand Détournement a décidé de vous proposer une nouvelle formule sous forme de billet d’humeur.

En 1974, Charlton Heston incarnait le détective Franck Thorn dans le film d’anticipation : Soleil Vert(1). Cette adaptation d’un roman éponyme d’Harry Harrison, réalisée par Richard Fleischer, nous montrait un futur apocalyptique (New York en 2022 brûlant sous la canicule) dans lequel les hommes ayant épuisé toutes les ressources naturelles essayaient de survivre dans un monde ultra répressif, voire totalitaire. La famine s’installant, seul le « soleil vert », un aliment en forme de galette fabriqué à partir de plancton, parvenait à nourrir la population. Accompagné de son fidèle ami, l’utopique Franck Thorn découvrira l’effroyable réalité de cette société inhumaine(2).

Remis sur le devant de la scène lors de l’épisode du confinement généralisé, cette œuvre est devenue en quelques semaines l’un des étendards des nouveaux écolos.

Guillaume Peltier, député de la 2ème circonscription de Loir et Cher, organisateur de la fête de la violette à La-Marolle-En-Sologne ce samedi 19 septembre, aurait dû revoir une « VHS » de ce mythique plaidoyer tant ses propos sont apparus singuliers, voire archaïques dans sa critique de la politique écologique contemporaine.

« Je suis très inquiet des prises de position de plus en plus idéologiques et dangereuses des Verts d’extrême gauche. L’écologie mérite mieux que l’écologie punitive, l’écologie mérite mieux que les Verts. C’est un combat culturel que nous devons mener contre la vision dangereuse des Verts »(3).

Le bon sens par la droite

C’est par ces mots peu communs, lors d’un entretien accordé à la NR du 14 septembre dernier, que le vice-président délégué du parti Les Républicains, lança son « probable » combat dans la bataille aux prochaines élections régionales ; visant à demi-mot la présidence de la région Centre Val de Loire.

Lors de sa traditionnelle Fête, entouré de nombreux sympathisants et militants ancrés à droite (mais finalement sans Jean Louis Borloo) le numéro 2 des Républicains a réclamé une « révolution du bon sens » fondée sur « le travail, l’ordre (et) l’écologie populaire » – devise sitôt envoyée par télégramme à la Revue des Deux Mondes (non, non…on déconne !)

Cette position stratégique va à l’encontre de toutes les dispositions du mouvement Europe Écologie Les Verts qui a le vent en poupe depuis un soir du 26 mai 2019.

Dans sa présentation et devant un parterre ébahi et conquis, le futur candidat s’est fait le chantre d’une droite sociale « à la papa ». Outre les sempiternelles propositions sur l’ordre et la morale (ça c’est un autre film), contre l’Islam politique mais pour les sapins de Noël, il déclina tout un tas de dispositifs tels que la TVA à 0% pour la vente directe des agriculteurs, pour les classes moyennes qui veulent rénover de façon thermique leur logement privé, pour tous ceux qui prennent un TER, un tramway ou un transport public ou encore que les sociétés d’autoroute soient mises à contribution à hauteur de 1 milliard d’euros chaque année pour permettre à chaque Français des classes moyennes d’acquérir un véhicule propre, qu’il soit électrique ou à hydrogène ; soit une vision « pater familias » de l’écologie et du monde qui l’entoure. Bref, la bonne vielle droite est de retour !

Normal quand on connaît le parcours politique sinueux de l’ambitieux ex-professeur d’Histoire-géo. Adhérent en 1996 au Front National de la Jeunesse sous l’égide du père de Marion Maréchal Le Pen, il décide de rallier « Brutus » en assistant au congrès du Mouvement National Républicain, puis il rejoint Philippe De Villiers dont il sera le porte-parole lors de la présidentielle de 2007.

Il finira par rejoindre l’Union pour un Mouvement Populaire en 2009 dont il deviendra le vice-président et dont il assumera l’encrage à droite ; pêle-mêle il fustigera le panurgisme des députés, dénoncera l’assistanat de masse, prônera la valeur travail ainsi que la laïcité (parce que son adversaire est l’islam politique) et finira donc en apothéose en criminalisant le comportement des Verts ; Nicolas Perruchot a dû lui souffler une partie de son texte(4).

On peut ne pas adhérer aux idées d’EELV mais, balayer d’un revers de mains la prise de conscience écologique française dernières années (chaque élection est là pour nous le rappeler) en un meeting, il fait fort le Guillaume !

Au final, une (grande ?) figure de son bord politique déclarait il y a bientôt vingt ans : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs »(5), quelque part une sorte d’allégorie de Soleil Vert. Nous aurions bien aimé présenter ce film à Guillaume Peltier, mais il se serait s’en doute trouvé plus de points communs avec Charleton Heston qu’avec Franck Thorn.

(1) Soleil Vert, MGM 1973
(2) Les galettes sont en fait fabriquées avec de la chaire humaine
(3) La NR 14/09/2020
(4) La NR 14/09/2020  – Vœux de Nicolas Perruchot
(5) Jacques Chirac 02/09/2002

BLOIS – MUNICIPALES 2020 : Le nouveau conseil municipal installé, installera-t-il un jour Jérôme Boujot ?

Le 15 mars 2020, la victoire de Marc Gricourt sonnait comme une déflagration dans le landerneau Blésois. Le Maire de Blois était réélu au premier tour avec 55,98% des votes, mais seulement 5 888 électeurs. Nous connaissons tous le contexte. Depuis, le 25 mai dernier l’auto-passage de témoin s’est fait à huis clos dans la salle du jeu de paume (distanciation physique oblige). Les nouveaux élus ont pris leur grade ; le cercle du premier édile étant plus que jamais confirmé. De là à envisager un remaniement dans un an ? En effet, on peut s’interroger quant au positionnement de certains élus dans l’organigramme municipal et notamment de Jérôme Boujot devenu, contre toute attente, premier adjoint. J’te raconte pas !

En 1997, sortait dans les bonnes salles de cinéma le film américain Donnie Brasco(1) réalisé par Mike Newell. Interprété par Al Pacino et Johnny Depp, ce film de gangster marqua le cinéma au point d’en devenir culte. Le rap et le hip hop utilisant souvent cette référence dans des textes ciblés ; Comme Vasco de Gama/Je suis à la recherche d’espaces vierges à infiltrer/Comme Donnie Brasco dans la Mafia(2).

Donnie Brasco ou l’histoire vraie de Joseph Pistone (Johnny Depp), agent du FBI, qui a infiltré dans les années 70 une redoutable famille mafieuse new yorkaise pour la faire tomber quelques années plus tard. Pour s’y prendre, il s’associera à un parrain local, Benjamin « Lefty » Ruggiero (Al Pacino), au point d’en devenir son fils spirituel.

Le film s’est symboliquement et partiellement rejoué le 25 mai dernier au Jeu de Paume.

En effet, l’infiltré étant placé depuis une douzaine d’années, il était temps pour lui de « sortir du bois ».  Ainsi tel un Donnie Brasco, Jérome Boujot descendant spirituel du baron local a fini par révéler en toute discrétion sa véritable identité : Joseph Piston(e).

De « c’est un ami à moi » …

Ce soir de printemps au 64 avenue de Chateaudun, il ne faisait aucun doute que Marc Gricourt allait être réélu Maire de Blois pour la troisième fois consécutive ; majorité municipale oblige.

Aussi, les réseaux sociaux et le monde politico-blésois bruissaient d’une implacable rumeur : les anciens aspirants promettaient d’aiguiser leurs « punchlines » en demandant des comptes à l’édile sortant/entrant une fois son discours de politique générale terminé. Ils ont tenu leurs promesses ; nous n’y reviendrons pas.

La seule surprise à nos yeux fut de voir Jérôme Boujot positionné 1er adjoint en charge de la ville durable (urbanisme ; architecture ; patrimoine bâti, patrimoine culturel et historique ; transition écologique des bâtiments ; énergie ; programme de rénovation urbaine d’intérêt régional ; action coeur de ville) soit, le bras droit direct du Maire et le metteur en scène des grands chantiers politiques et polémiques du programme Blois Résolument(3) (Carré St Vincent et Hôtel Dieux en tête).

Pourquoi une telle stupéfaction de notre part ? D’autant que sa nomination s’est faite dans un satisfecit général !

D’une part, nous aurions pu attendre dans une telle situation et comme la tradition le concède, une féminisation du poste de 1er adjoint (aucune obligation dans le Code Général des Collectivités Territoriales). La modernisation de la vie politique passe forcément par une féminisation des postes (la parité est là pour nous le rappeler).

D’autre part, au vu du programme et des vertes alliances(4) du « clan Gricourt », nous aurions pu espérer que le bras droit du premier magistrat soit un représentant d’Europe-Écologie-Les Verts ou de son ersatz local, Blois naturellement (tiens, Marie-Agnès Féret correspondait parfaitement au profil recherché !). Tant pis, on aura l’une des éminences grises du bon vieux Parti Socialiste à la « papa ».

Ensuite, il aurait été préférable, les plaies des polémiques politiciennes de l’ancienne mandature étant encore ouvertes, de ne pas mettre en avant un individu (aussi compétent soit-il) soupçonné par certain (vrai ou faux, la justice tranchera) d’un conflit d’intérêt majeur(5).

Enfin, vous nous voyez venir avec nos « gros sabots ». Doit-on poser la question démagogique, mais néanmoins pertinente que tout le monde se pose : devait-on placer le gendre du Maire (aussi compétent soit-il), fidèle parmi les fidèles, à une telle fonction au risque de se voir affublé du sobriquet de « Joseph Pistonné » ? Les levalloisiens ont déjà la réponse(6).

Tel Benjamin Ruggiero, Marc Gricourt aurait pu avoir cette célèbre réplique : je vais leur dire, c’est un ami à moi ça veut dire que tu es dans le coup. Si je leur dis, c’est un ami à nous, ça veut dire que tu fais partie de la famille(7).

…à « c’est un ami à nous »

Où est le problème après tout ?

Il paraît que Marc Gricourt, patron renouvelé et bien installé, « manage » sa ville en bon père de famille et en toute probité. On ne voit pas pourquoi cela choquerait qu’un membre de sa…famille (justement) ait un poste aussi important. C’est légal.

Légal mais immoral car l’article L. 2 122-17 du Code Général des Collectivités Territoriales dispose qu’« en cas d’absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l’ordre des nominations et, à défaut d’adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l’ordre du tableau ».

En d’autres termes si à l’avenir, Marc Gricourt décidait de quitter sa fonction de Maire, Jérôme Boujot le remplacerait automatiquement.

Quand on y réfléchit un peu, choisir un ordre dans la sélection des maires adjoints est purement stratégique. Pas de place au hasard. En bonne République laïque, les derniers ne seront jamais les premiers, n’en déplaise à David Legrand (l’ambitieux du Parti communiste) ou Christelle Berenger (la rêveuse du Parti socialiste) qui, a priori en bon béni-oui-oui de service, seront là pour faire le nombre et voter le doigt sur la couture du pantalon. On est bien loin du congrès de Tours. Amen !

Dès lors, n’y a-t-il pas une stratégie plus accomplie à placer Jérôme Boujot ? Après tout, il fait partie de la famille dixit Benjamin Ruggiero aka « Lefty », aka « Lefty le calibre », aka « Lefty deux calibres », aka « La Poisse », aka « La Scoumoune »(8).

N’y a-t-il pas un espace pour que le gendre du maire devienne à son tour édile et que les affaires ou responsabilités (c’est selon) restent dans le sérail de la « famille Gricourt » ?

Faisons un peu de politique fiction ou de la science-fiction.

En 2021, l’élection à la présidence de la Région Centre-Val de Loire aura lieu dans un contexte de défiance au président de la République, Emmanuel Macron.

C’est l’opportunité rêvée pour…Marc Gricourt !

François Bonneau se représentant une nouvelle fois (le fameux mandat de trop !) à sa propre succession, le Maire de Blois et 1er vice-président de la région Centre-Val de Loire (délégué aux Finances, aux fonds européens et au personnel) pourra se positionner pour briguer la fonction suprême en espérant détrôner ou trahir (c’est selon) François Qui ?(9).

En effet, Marc Gricourt ne s’est jamais caché d’une telle ambition. Il expose régulièrement ses activités régionales, passe une partie de son temps à Orléans et a placé stratégiquement à la Région un de ses dévoués les plus zélés (membre du parti socialiste Blésois, ex-chef de cabinet de la ville, ex stagiaire). Ce « porte flingue » prêt à tout pour plaire à son patron et spécialiste des coups (bas ?) politiques, est devenu par l’opération du Saint Esprit son Conseiller de cabinet en charge des finances, du personnel, des fonds européens, du développement économique, de l’économie sociale et solidaire et de l’agriculture. Ouf !

Nous posons beaucoup questions. Mais les Blésois peuvent justement s’interroger.

A force de jouer au jeu des stratégies politiciennes, ce sont les 5 888 électeurs Blésois plus un (François Bonneau) que Marc Gricourt va trahir.

Les Blésois pourront alors lui lancer : Moi tu ne me laisses pas tomber, c’est moi qui te laisse tomber !(10)

Mais tout ça, ce n’est que de la politique fiction ou de la science-fiction.

L’équipe de Blois 2020 LGD.

(1) Donnie Brasco, Mike Newell, Tristar, 1997
(2) Retour aux pyramides, Xmen, groupe de hip hop français, BO Ma 6-T  Va Cracker, 1997
(3) Programme de la liste de Marc Gricourt pour les élections municipales 2020
(4) La NR du 18/11/2019
(5) La NR du 06/09/2019
(6) Oui
(7) Réplique du film Donnie Brasco
(8) Réplique du film Donnie Brasco
(9) Moins de 30% des Français sont capables de citer le nom du président de leur région, selon un sondage, article France2.Fr du 08/12/2009
(10) Réplique du film Donnie Brasco

Blois – Municipales 2020 –Benakcha, Vieira, Panchout ou Les Affranchis du second tour

Le sondage IFOP – La Nouvelle république tant attendu est tombé vendredi 28 février 2020. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est plein de surprises ! Malgré un mode de calcul contesté et contestable(1), Marc Gricourt largement en tête devance ses trois concurrents les plus crédibles – Messieurs Benakcha, Vieira et Panchout. Et si la seule possibilité pour eux de faire tomber le baron était de s’affranchir de toute considération en faisant alliance au second tour ? Il n’est même plus question ici de carpe ou de lapin, mais de stratégie politique. On va creuser, elles sont où les pelles ?

En 1990, le cinéaste Martin Scorsese sortait l’un de ses films de gangster les plus connu : Les Affranchis(2). L’histoire vraie et tristement burlesque de l’ascension mafieuse de Henry Hill – interprété par Ray Liotta – célèbre truand newyorkais. Faisant alliance avec ses mentors, Jimmy Conway (Robert De Niro) et Tommy DeVito (Joe Pesci), Henry Hill gagnera le respect de tout le milieu (sa « famille ») avant de connaître une chute vertigineuse pour redevenir un « plouc de Garden State ».

Ce film virtuose a dû en inspirer plus d’un, tant la mise en scène et les dialogues sont percutants. Nul doute qu’il a dû inconsciemment stimuler Etienne Panchout lorsqu’il décida d’écrire le 30 novembre dernier, un communiqué aiguisé(3) à l’attention des Blésois et surtout de Malik Benakcha.

« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être Maire »

Pour rappel le communiqué de presse en question, estampillé LIBRE(S), expliquait hargneusement que la « famille Panchout » ne ferait pas alliance avec la « famille Benakcha », candidat trop éloigné de leurs valeurs humaines et morales. Ça, c’était avant.

La campagne électorale avançant dans le temps, les deux compères décidèrent d’en rester là.

Seuls quelques « portes flingues panchouistes » répétèrent sur les réseaux sociaux – malgré les nouvelles tentatives de rapprochement(4) du candidat Les Républicains – leur volonté à ne pas faire de pacte avec le jeune loup de droite.

Puis patatras l’IFOP tel un spectre trompeur, est venu tout bouleverser !

Crédité de 13% des voix, le candidat centriste, parrainé par deux ministres, semblait être vu comme le grand perdant de cette future élection ; le candidat LR le dépassant nettement (18% des voix).

Frustration ultime, un troisième acolyte se positionnait entre les deux rivaux : Gildas Vieira.

Crédité de 15% des voix, il fallait compter avec la tête de liste de Osons Blois Autrement.

Comment être surpris quand on sait que Monsieur Vieira a commencé sa campagne depuis plus d’une année !?  A cet effet il a, des quartiers nord au centre-ville en passant par le quartier vienne, arpenté le pavé Blésois, créé son mouvement La France Autrement, communiqué son soutien aux Gilets Jaunes, tancé le Conseil d’administration de l’Hôpital et… trahi Marc Gricourt.

Tels la « famille Lucchese à Little Italy », les blousons bleus à l’effigie du néo-docteur en santé publique ont marqué leur territoire et scoré pour le futur sondage. Bingo ! « Don Vieira » peut relever les compteurs et tirer les subsides de cette enquête municipale.

Un bémol toutefois ! La prise de guerre apparaît être faite au détriment de l’électorat de Mathilde Paris – soit le plus volatil – plutôt qu’à celui de Marc Gricourt.

Éternelle destinée, le costume de maire a donc de fortes chances (selon l’insidieux sondage) d’être de nouveau porté par l’édile sortant. Le 29 mars prochain, les colistiers devenus adjoints embrasseront sa chevalière lors d’un cérémonial bien établi.

Le coup apparaît rude pour les trois « crédibles » qui ont toujours rêvé d’endosser l’habit de premier magistrat afin d’être respecté comme le chef d’une famille politique dominant sa ville.

Mais Blois n’est ni Little Italy, ni le New Jersey, ni le New York des années 50, 60 et 70. Ici pas de règlements de comptes et pas de tête de cheval dans le lit (ça, c’est dans un autre film).

Une seule voie s’offre donc à eux. Celle de la raison et des arrangements : partir en ordre dispersé au premier tour pour faire alliance, avec une liste unique, au second tour.

« Jamais balancer les copains et toujours la mettre en veilleuse »

L’équation paraît simple mais elle est en réalité complexe. En effet, entre le tempérament fougueux de Malik « Tommy » Benakcha, l’irascibilité d’Etienne « Jimmy » Panchout et l’insolence de Gildas « Henry » Vieira, il va leur falloir trouver des consensus à la hauteur de leurs egos voire s’affranchir de considérations personnelles et politiques.

Affranchi (e) : adjectif et nom. Se disait de l’esclave, du serf qui recevait de son maître la liberté. Qui manifeste une indépendance absolue à l’égard des conventions morales ou sociales. Qui appartient au milieu et en observe les règles.

S’affranchir comme une avancée, mais avec des questions qui ne doivent pas rester en suspens. De qui sera la tête de liste à quel colistier éliminer, ils sont encore loin de trouver des compromis. Attendons le premier tour et un seul mot d’ordre : finies les petites phrases assassines et les coups bas.

Seule évidence, entre le refus du projet de centre commercial à ciel ouvert, la volonté de créer une 2nd sortie d’autoroute ou encore la nécessité de réhabiliter l’Hôtel Dieu, les programmes des trois opposants à Marc Gricourt apparaissent ici et là assez similaires.

En 1996, les Cahiers du cinéma avaient demandé à Martin Scorsese d’être le rédacteur en chef de leur numéro 500. Le cinéaste, narrateur de ce numéro spécial devenu culte, y évoquait sa vie, ses films, son enfance, la tradition hollywoodienne…

Il y expliquait aussi comment le style de narration était choisi pour ses films, notamment pour Les Affranchis. Il déclarait avoir découpé le film en séquences, celles-ci étant toutes, sans exception, storyboardées ; chose rare.

Il affirmait vouloir « beaucoup de mouvements, à travers l’ensemble du tableau » et vouloir « du mouvement jusqu’au moment où Henry se fait arrêter et que tout son univers s’effondre à la fin. Pour le dernier jour de [Henry] en tant qu’affranchi, la séquence entière devait être hors de contrôle, donner l’impression qu’il est tout simplement au bord du précipice et qu’il va chuter »(5).

Le précipice politique et le retour à la réalité ! C’est ce qui attend peut-être (sûrement) nos trois futurs complices le soir du 22 mars. La réalité sera rude et chacun retournera à ses occupations personnelles et professionnelles, tels des « ploucs de Garden State». Dans six ans, on les aura peut-être (sûrement) oubliés. Après tout, qui se souvient de François Dupleix ? Et qui se souviendra de Christelle Ferré(6) ?

En attendant cette chute et avant d’être hors de contrôle, ils doivent tout mettre en œuvre pour gagner cette élection ; au moins pour ne rien regretter.

Il leur faut « storyboarder » leurs actions communes, prévoir des réunions voire un meeting de rassemblement, un programme déclinant des mesures concrètes ainsi qu’un agenda de mise en place en cas de victoire.

Il va leur falloir également une certaine habileté qui, jusqu’à présent n’était pas manifeste.

Mais attention. Personne n’a le monopole de son électorat ou peut se gargariser d’en avoir une certaine propriété ; pas même Marc Gricourt.  En effet, à jouer les équilibristes via une coalition d’apparat, les trois associés risquent au final de perdre leurs électeurs qui bouderont leur bulletin.

Dès lors au lieu de fettuccine sauce marinara, ils se devront se contenter au final de nouilles au ketchup.

L’équipe de Blois 2020 LGD.

(1) Sondage Ifop Fiducial La Nouvelle République Sud Radio, interview réalisée par téléphone du 17 au 21 février 2020. Échantillon : 598 personnes, représentatif de la population de Blois âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales (non prise en compte de la liste Lutte Ouvrière et, pour le second tour, celle de Gildas Vieira)
(2) Les Affranchis (Goodfellas) – Warner Bros, 1990
(3) Etienne Panchout – Facebook, 30/09/2019
(4) Une alliance Panchout – Benakcha ? – La NR, 22/02/2020
(5) Cahiers du cinéma – n°500, mars 1996
(6) Candidats Blésois aux élections municipales de 2014

Blois – Municipales 2020 – Benakcha vs Paris : de l’extrême tentation à la tentation de l’extrême

L’équipe de Blois 2020 LGD vous proposent un dernier portrait des aspirants à la mairie de Blois. Celui du jour, de nouveau croisé, concerne Malik Benakcha et Mathilde Paris, respectivement candidats sous l’étiquette Les Républicains – LR et le Rassemblement National – RN. Tiens, c’est simpliste et ça sent le soufre !

Depuis plusieurs semaines, puis avec le ralliement de Franck Prêtre à Etienne Panchout le 19 janvier 2020, les prétendants à droite se sont enfin manifestés et ont commencé à « montrer les muscles ». Le premier à avoir dégainé est Malik Benakcha qui s’est aussitôt positionné comme « le seul candidat de droite ». Mathilde Paris a immédiatement rétorqué que ce dernier était dorénavant isolé. Elle appelait par conséquent tous les sympathisants LR à la rejoindre.

Portraits

Malik Benakcha, né le 17 avril 1989 à Blois, est le cadet de cette élection municipale. Brillant élève d’une école privée Blésoise renommée pour sa rigueur (il aura mention très bien au Bac), il intègre un célèbre institut d’études politiques de la rue Saint-Guillaume à Paris.

Fier de cet étendard, il finit par consacrer son temps aux palabres et stratégies politiques.

Il se positionne au centre droit et intègre l’Union des Démocrates Indépendants – UDI, fondé par Jean Louis Borloo. Titulaire d’un master en droit administratif et sur les conseils de Maurice Leroy, il rejoint en 2009 l’équipe de campagne de Sophie Auconie(1) pour devenir son assistant parlementaire au Parlement européen. Cette dernière n’étant pas reconduite, il finit par se lancer, avec peu de succès, dans l’enseignement.

Par attentisme ou raison, il revient sur sa terre natale courant les années 2010 pour y créer une entreprise – après quelques égarements associatifs(2) – spécialisée en communication : Com’ Locale.

En 2014, il se présente comme colistier sur la liste de Jacques Chauvin. La défaite étant cinglante (n’étant même pas élu d’opposition) il en profite pour lâcher l’UDI et rejoindre LR. Il se place aussitôt comme le futur candidat de la droite dure à la prochaine élection municipale. Son arc stratégique – entre assoir son réseau et sa crédibilité – se tend alors vers la présidence de l’association des parents d’élèves de l’école Sainte-Marie (qu’il quittera pour briguer le mandat de maire) et le développement du tissu économique local avec sa « holding » (formation, conseil, édition et impression).

Mathilde Paris, épouse De Pirey(3), est la seule représentante féminine tête de liste à la prochaine élection municipale à Blois.

Issue du Val d’Oise, ayant fait une formation à l’Institut Catholique de Paris et titulaire d’un master en Art et Culture, elle devient chargée du mécénat au domaine national de Chambord et finit par embrasser la profession d’architecte d’intérieur indépendante(4).

Depuis son installation dans le Loir et Cher, elle connaît une ascension politique fulgurante, jusqu’à devenir conseillère municipale d’opposition à Blois.

Faisant ses débuts au mouvement souverainiste de Philippe de Villiers(5), elle devient membre du bureau national du RN au moment où certains « intellectuels » Parisiens(6) exprimaient des positions « favorables » au mouvement de Marine Le Pen. D’ailleurs, à la question des nouveaux visages intégrant le QG du RN, la présidente d’extrême droite rétorquait : « Nous ne sommes pas là pour afficher un casting ou présenter un comité de soutien ». Dont acte.

Mathilde Paris restant néanmoins une prise de guerre intéressante, elle fut illico diligentée par son parti, pour participer activement aux élections régionales de 2015, européennes de 2019 et… municipales de 2020.

L’arbre qui cache la forêt

Présentés comme de jeunes loups, Malik Benakcha et Mathilde Paris ont un premier point commun : une position extrême sur l’échiquier politique.

En tant qu’émissaire locale du RN, il est tout naturel pour Mme Paris de se désigner comme la candidate à la droite de la droite.  Ses arguments de campagne (notamment en 2015 et 2019 car pour 2020, il faudrait qu’elle fasse campagne) rejoignent ceux de son mouvement national avec comme leitmotiv simpliste mais, de confort : contre l’Europe, l’Islam, l’immigration.

A ce titre, ne tenant pas à promouvoir les discours haineux et nauséabonds du RN, l’équipe de Blois 2020 LGD décide de ne pas aller plus loin dans sa présentation.

Malik Benakcha a une position politique plus subtile.  

Candidat revendiqué et autoproclamé de la droite dure, il a été conforté par Guillaume Pelletier (ex. souverainiste, ex. FN mais nouveau vice-président LR) en personne. Ce dernier a même « mouillé sa chemise » lorsque Nicolas Perruchot, président du Conseil Départemental, adouba officiellement le concurrent déchu : Franck Prêtre (il se murmure que le candidat Nouvel’R n’a pas accepté sa « non-investiture » en tant que représentant local LR aux futures élections).

Proposant un discours économique cohérent mais à l’accent sécuritaire droitiste, le jeune entrepreneur, tel un funambule, a décidé d’aller à la pêche aux électeurs qui votent à l’extrême tout en essayant de capter un électorat qui prône certaines valeurs sociales.

Certains disent qu’il a renoncé à ses engagements humanistes au profit d’une place en tête de gondole, quand d’autres osent affirmer qu’il a renié ses origines issues de l’immigration maghrébine.

Nous pouvons facilement imaginer que Malik Benakcha, voyant les différentes propositions LR aux dernières élections (notamment celles sur l’immigration(7)), a dû « avaler de multiples couleuvres ». Après tout, c’est le jeu de la politique et quand on veut le pouvoir, il semble nécessaire de faire certaines concessions. Chapeau l’artiste !

Autre point commun entre les deux ambitieux : une incontestable difficulté à rassembler autour de leur nom et donc, à proposer une liste homogène aux prochaines élections municipales.

Cet obstacle est usuel au fonctionnement du RN (ex FN) qui a toujours eu du mal à trouver des individus souhaitant s’engager aux côtés de figures locales sulfureuses. Nous vous passons également l’étalement de listes présentées aux municipales de 2014 sous l’étiquette Bleu Marine et composées de quidams ne sachant pas qui était Marine Le Pen ou encore de personnes sous curatelle voire tutelle(8).

Le représentant LR a la même difficulté. Son nom (malheureusement !) et ses convictions (heureusement ?) ont assurément pesé dans le choix de certains à ne pas vouloir rejoindre sa liste.

Il est sûr qu’être clivant – dans la posture ou dans un programme municipal – peut vraisemblablement marquer « au fer rouge » un colistier qui envisage un avenir politique serein voire une (re)conversion professionnelle.  A bon entendeur.

A force de fleurter ou de toucher les extrêmes, ces deux candidats finissent par s’isoler.

Quand cette tendance à l’isolement apparaît propre au RN (qui n’a jamais vraiment su rassembler, les instances dirigeantes parlant régulièrement de diabolisation), nous pouvons constater qu’elle devient une épine dans le pied des Républicains.

Pour l’extrême droite et ses boutiquiers de service, c’est une manière d’exister sans jamais prendre le risque d’arriver aux responsabilités.

Pour la droite dure, c’est une épreuve à surmonter qui paraît de plus en plus illusoire car, à la différence de Mathilde Paris, Malik Benakcha s’est vu (au moins pendant une seconde) dans le fauteuil de Maire de Blois. Nous comprenons alors que cela peut être une tentation dont on peut avoir du mal à se défaire.

L’élection approchant à grands pas, nous les encourageons tout de même à persévérer… ou pas.

L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Députée Européenne de 2009 à 2014, Conseillère municipale à Tours, Députée UDI de 2017 jusqu’à aujourd’hui
(2) Il fut administrateur d’un bar à chicha associatif au centre-ville de Blois
(3) La NR du 24/01/2020
(4) Âme d’Intérieurs à Blois
(5) Mouvement Pour la France
(6) Sapir, Onfray… ces intellectuels dont s’entiche le FN, Le Monde, 18/09/2015(1) Députée Européenne de 2009 à 2014, Conseillère municipale à Tours, Députée UDI de 2017 jusqu’à aujourd’hui
(7) Voir le site Les Républicains, dossier consacré à l’Immigration (constats et propositions)
(8) FN : Un candidat sous curatelle, La NR, 13/03/2014

Blois – Municipales 2020 – Gricourt vs Panchout : des marches du pouvoir au pouvoir en marche ?

Il y a quelques semaines Blois 2020 LGD « osait » jouir de sa liberté d’expression en faisant le portrait de Gildas Vieira. Celui du jour, croisé, concerne nos deux favoris au siège suprême : Marc Gricourt et Etienne Panchout. Tiens, on a sorti le Gonzo !

Depuis le 19 janvier 2020, une singulière rumeur court dans le Landerneau Blésois : et si Marc Gricourt, grand favori à sa propre succession, perdait les prochaines élections municipales au profit d’Etienne Panchout ? En effet, chose impossible, voire impensable (en tout cas inaudible) ces derniers mois, nous entendons ici et là qu’un bouleversement politique risquerait de se produire le 22 mars au soir.

Portraits

Etienne Panchout, né le 28 octobre 1983 à St Cloud (92), est masseur-kinésithérapeute et enseignant à l’Université d’Orléans. A l’instar d’un Gildas Vieira bien occupé, il prépare actuellement un doctorat en science de l’éducation à l’Université de Montpellier. Féru de sport, notamment de football (il fut un joueur amateur impliqué, comme le leader de Osons Blois Autrement), il a passé une partie de son temps à côtoyer les équipes de jeunes. Engagé auprès du club de football de la Chaussée St Victor, il l’a fait évoluer grâce à son engagement auprès de l’équipe senior.

Lancé en politique en 2010, poulain de Jacqueline Gourault, puis membre du conseil national du Modem en 2012, il aspire rapidement à être le premier magistrat de sa commune d’adoption : Blois. Sa notoriété grandissante et les projecteurs se braquant un peu plus sur cet ambitieux charismatique, il décide de fonder et présider en 2019 l’association Laboratoire d’Idées Blésois : Réfléchir Ensemble – LIBRE ; association qui a comme membre d’honneur Jean François Mortelette, nouveau bâtonnier mais ancien rival de M. Gricourt. Le mouvement LIBRE a pour objet social la promotion de la candidature municipale de son président (devinez comme qui ?).

Marc Gricourt, né le 5 avril 1961 à Blois, est le doyen de cette élection. Au début des années 80, il embrasse la carrière d’infirmier en milieu hospitalier abandonnant l’idée d’être architecte. Il finit par s’installer en libéral et ouvre son cabinet dans les quartiers Nord de Blois ; il en devient une figure incontournable(1).

En 1998, il adhère au Parti Socialiste et use de son influence pour créer l’association Quartier Proximité (de nouveau dans les quartiers Nord ; berceau de sa stratégie politique). En 2001, il est 14e sur la liste Gauche Plurielle de Jack Lang qui perdra face à Nicolas Perruchot. Ne pouvant siéger au conseil municipal, il se contentera de devenir secrétaire de la section PS de Loir et Cher. En 2004, il devient conseiller général. En 2008, il lance son tandem gagnant avec Christophe Degruelle, prône le non-cumul des mandats et s’installe, jusqu’à aujourd’hui, à la mairie de Blois. En 2015, il truste une place de vice-président de la Région Centre Val de Loire.

Bien qu’ils aient une ascension et des convictions politiques différentes, Marc Gricourt et Etienne Panchout ont un espoir commun : (re)devenir maire. Pour se faire, ils usent des mêmes ressorts politiques d’unification autour de leur personne ; la gauche plurielle (comme en 2001) face au rassemblement de centre droit et de La République En Marche – LRem.

Une posture « machiavélique » ?

En conséquence, les deux prétendants doivent avoir la prétention de réunir et de fédérer autour de leur seul et unique nom ; tout en restant sur une voie politique bien identifiée.

A ce jeu, les nouveaux opposants adoptent la même posture autoritaire, mais avec quelques subtilités.

Celle du représentant du Modem nous est apparue en fin d’année dernière quand Louis Buteau a claqué la porte de LREM. Ce dernier expliquait alors : « Etienne Panchout soutenu par LRem à Blois, ne veut ni de mes idées, ni de mon expérience, ni de ma personne. Dans ces conditions, il ne m’est pas possible de rester. Il m’a dit que je ne pourrai pas figurer sur sa liste, car il me juge responsable du dépérissement du centre-ville » (2).

Comportement que le candidat de centre droit a également eu vis à vis de Malik Benakcha. « On ne peut pas discuter avec ce personnage » affirmait-il rigoureusement(3).

Cette attitude autoritaire semble assumée chez Etienne Panchout. Il ne s’en cache pas au point d’apparaître rigide.

Ainsi, en 2015 en tant que président du conseil départemental de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, il a usé de la même autorité pour appuyer l’exclusion d’une ostéopathe et d’une psychologue de la maison de santé pluridisciplinaire (MSP) de Châtres-sur-Cher et ce, malgré la levée de boucliers des différents professionnels de santé et des élus de la commune.

Il déclarait même à l’époque : « Nous ne sommes en guerre contre personne, mais la MSP de Châtres-sur-Cher ne respecte pas la législation (…). Nous essayons de faire respecter la déontologie et le cadre réglementaire d’exercice. A un moment donné, il faut que chaque professionnel fasse un effort pour prouver sa pratique. Si nous avons écho de pratiques semblables ailleurs, nous enverrons également un courrier et si rien n’est fait, nous irons plus loin »(4). A bon entendeur.

La position du Maire sortant est plus habile.

Un homme à l’apparence simple, abordable et sympathique, mais doublé d’une autorité politique évidente. Elle s’est illustrée vigoureusement durant douze années pour atteindre son paroxysme avec le dépôt d’une plainte en diffamation contre un citoyen Blésois (pseudo-lanceur d’alerte ou impétueux « poil à gratter ») qui s’étonnait très maladroitement de la conception de bancs au cœur de la commune. Passé par une citation directe, esquivant ainsi un probable classement sans suite du Procureur de la République, Marc Gricourt se verra débouté de ses extravagantes demandes(5).

Cette attitude s’est également manifestée lors de la concrétisation du projet de centre commercial à ciel ouvert au carré St Vincent. Malgré le tollé provoqué par cette décision, Marc Gricourt s’est, a priori, positionné de façon autocratique n’acceptant aucune dissonance dans son camp (Louis Buteau en fait encore les frais).

En interne, il paraîtrait que l’autorité du « patron » frôle même l’autoritarisme (on a écrit « il paraîtrait » ?!). Sa maestria étant de recruter des « portes flingues » qui exécutent les basses besognes à sa place ; allant jusqu’à engager un directeur de cabinet réputé pour son acerbe verve ou en plaçant un brillant mais rigoriste directeur général des services à la tête de la municipalité.

Gildas Vieira, ex-adjoint, mais nouvel adversaire, a même relayé dernièrement qu’un agent municipal aurait été sermonné en haut lieu pour être apparu à ses côtés, lors d’une soirée privée (on a écrit « aurait été » ?!).

Gricourt vs Panchout, deux postures et un dénominateur commun : la sacro-sainte volonté d’avoir le pouvoir.

Ce désir suprême peut-il alors se convertir en détermination « jusqu’au-boutiste » enveloppée sous une imaginaire couche de vertus ?

Machiavel dans son traité philosophique Le Prince expliquait qu’un chef de l’État (faisons le parallèle avec un aspirant à la municipalité) est avant tout un personnage public. C’est pour cette raison qu’il doit maîtriser son image : il doit donc paraître posséder des qualités qu’il ne détient pas forcément. Ses défauts seront cachés au public pour ne pas le déstabiliser. Parce qu’il est en permanence sous le regard des autres, le politique de Machiavel doit dissimuler ses défauts et feindre des qualités qu’il ne détient pas.

Ainsi, un chef de l’État doit mettre sous contrôle ses opposants. Il prône à leur égard une politique de fermeté. La dissidence doit être endiguée, car elle est la racine de la révolte. Or, selon Machiavel, cela va de soi, le chef de l’État n’a qu’un seul but : la conservation du pouvoir(6).

Cette thèse, développée au 16e siècle, résonne encore aujourd’hui. Même si elle peut paraître excessive voire extravagante, elle correspond, sur certains points, aux deux postures précédemment évoquées.

Dès lors, nous pouvons répondre par l’affirmative à la précédente question.

L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Le Point du 09/06/2011
(2) La NR du 14/09/2019
(3) La NR du 24/01/2020
(4) Entreprise.news du 19/04/2018
(5) Mag Centre 23/01/2019
(6) Machiavel, Philosophie du pouvoir politique

Municipales 2026 : Marc Gricourt, sa cour, ses miracles et Michel Sardou

Marc Gricourt se présente pour un 3ème mandat en tant que maire de Blois. S’il est élu, il sera resté 18 ans à la tête de la ville, soit autant qu’Eugène Riffault (1852 -1870) et Pierre Sudreau (1971-1989) « recordmen » en titre. Mais qu’adviendra-t-il de cet énième mandat ? Faisons un peu (voire beaucoup) de politiques fictions.

22 mars 2020. 20h00. Hôtel de ville. Le parvis de la mairie est noir de monde, les quidams inondent le majestueux hall de l’hôtel de ville. La foule excitée attend l’heureux élu en criant « on a gagné, on a gagné ! ». Certains tentent maladroitement de lancer une Marseillaise, ça ne prend pas. Soudain l’Internationale résonne, « C’est la lutte finale, Groupons-nous, et demain… ». Le flot des badauds s’est transformé en un hymne au Socialisme et à Marc Gricourt.

La cheminée de l’Hôtel de ville crache une épaisse fumée blanche. Premier miracle du nouvel édile. Les cloches de la cathédrale St Louis sonnent son arrivée. Le public est stupéfait.  Hervé Mesnager, seul représentant du Parti Radical de Gauche présent, rallie la foule en hurlant « et la laïcité bordel ! ? ». Le public n’en prend pas ombrage. Après tout, un 3ème mandat vaut bien un singulier rite de proclamation.

29 mars 2020. 14h00. Hôtel de Ville. Marc Gricourt est officiellement intronisé Maire de Blois par le conseil municipal. Ayant eu la majorité avec 30 sièges, son installation n’est qu’une formalité. Grand perdant : Frédéric Orain, premier fédéral du Parti Socialiste, placé en 31ème position. « Pas de bol !» lui lance ironiquement Sylvaine Borel.

30 mars 2020. 8h00. La Nouvelle République. La (ré)(ré)rélection de Marc Gricourt fait les gros titres. Par le truchement d’un lapidaire portrait, nous en apprenons un peu plus sur les courtisans devenus maires-adjoints et conseillers municipaux.

Nous y apprenons également que l’opposition est uniquement incarnée, contre toute attente, par Malik Bénakcha qui a obtenu 10 sièges (suite à un pacte secret avec le Rassemblement National) ; Etienne Panchout, étant tombé sous le charme de Maria Garcia – colistière de la liste Osons Blois Autrement – a décidé de tout quitter pour s’enfuir avec elle dans le sud de la France et créer un tout nouveau concept alliant massage, bien être et kinésithérapie.

Le reste des sièges est réparti entre Mathilde Paris, Antony Vinciguerra et Gildas Vieira. Ce dernier, ayant vu Maria partir vers d’autres horizons, envisage sérieusement d’en faire de même. Il se murmure qu’il serait sur le point de monter une école de danse – kizomba, bachata, salsa – à Muides sur Loire. Nous allons enquêter.

21 décembre 2021. 14h00. Carré St Vincent. Nous assistons à la pose de la première pierre du projet de centre commercial à ciel ouvert. Le maire, entouré de ses fidèles ainsi que de Jean-Michel Pacaud, président du conseil de surveillance de JMP Expansion(1), fait un discours rendant hommage à Georges Frêche. L’inspiration lui est venue dans la nuit, déclare-t-il.

On apprendra plus tard que les dernières creusées des pelleteuses ont fait apparaître le tombeau de Jeanne D’Arc qui, lors d’une rocambolesque évasion, a pu échapper au bûcher promis par le funeste évêque Cauchon ! Mathilde Paris aurait crié « Jeanne sauve moi ! ». Le monde entier est en émoi. Deuxième miracle de l’ère Gricourt. Le chantier a officiellement pris 2 ans de retard.

1er mars 2022. 16h00. Tribunal de Grande Instance. Malik Benakcha, attaqué en diffamation par le Maire de Blois, comparait seul devant le tribunal. On lui reproche d’avoir rageusement tweeté : « Oulala, il ne fait pas chaud aujourd’hui à Blois ». Ce tweet, retweeté à maintes reprises est devenu viral au point de troubler la majorité municipale. L’audience présidée par Nicolas Viault (devenu juge après les 73 plaintes déposées contre lui pour diffamation – « après tout, il fait parti des meubles » aurait confié un magistrat) donne contre toute attente, tort au premier opposant de la commune. Il fait appel.

5 avril 2023. 14h00. Escaliers Denis Papin. Le projet du carré St Vincent ayant pris du retard (on envisage une ouverture pour le quatrième trimestre 2025), Marc Gricourt entend fêter son anniversaire en inaugurant une statue à son effigie, en lieu et place de celle de Denis Papin. Certains crient au culte de la personnalité, lui, rétorque qu’il se sait « plus important pour Blois que le soi-disant inventeur de la machine à vapeur ».

Observant l’horizon, le premier magistrat de la commune a une géniale inspiration : agrandir la rue principale du centre-ville pour la transformer en avenue et la nommée « avenue Georges Frêche ». Ses fidèles saluent l’audace. Frédéric Orain, qui est toujours le représentant du PS dans le département, prend officiellement ses distances avec l’équipe en place.

1er janvier 2024. 00h01. Siège du Parti Socialiste. Pour la nouvelle année, les militants PS souhaitent prendre de bonnes résolutions. Après un somptueux dîner végétarien à 180€ par personne, ils décident de ne plus accepter les élucubrations de Monsieur le Maire. Les doléances de ce dernier couplées aux luttes intestines ont eu raison de leur militantisme. La guerre est déclarée avec Marc Gricourt.

Frédéric Orain, figure de proue de cette division, décide de lancer son propre mouvement : Génération Ø. « Ce mouvement se veut une alternative sociale, libertaire et écologique au sectarisme idéologique dont le Maire de Blois fait preuve depuis de nombreuses années » dixit le premier fédéral. Franck Prêtre, disparu depuis son alliance avec Panchout en janvier 2020 rejoint le néo-mouvement en déclarant : « Il y a des convergences évidentes pour réussir à proposer un véritable projet alternatif et crédible ». Il propose aussi de se charger de la communication audiovisuelle et des flyers.

Dans la foulée, Charles Fournier porte-parole d’Europe Écologie Les Verts et Président de la Région Centre Val de Loire (depuis 2021) fait également un acerbe communiqué : « Les engagements sociaux et écologiques promis par Marc Gricourt il y a quatre ans n’ont pas été tenus. Nous ne pouvons accepter de tels choix architecturaux pour une ville royale comme Blois. Prendre la décision de remplacer tout le parc automobile de la municipalité par des véhicules électriques était une bonne idée certes, mais choisir Tesla comme prestataire a plombé le budget. Nous nous désolidarisons ».

14 février 2025. 9h00. Siège des Républicains. Un an avant les municipales 2026, un sondage établit par Ipsos-Cnews-BFM-Valeurs Actuelles-le Nouveau Détective donne pour vainqueur Malik Bénakcha face à Marc Gricourt en cas d’élections anticipées. « Banco ! » s’exclame le patron des Républicains. Il est vrai que durant cinq années, tel Idder Chaouch, héros du roman Les Sauvages(2), Malik Bénakcha s’est stratégiquement et politiquement positionné comme le potentiel candidat de « l’Espoir ». Ce roman est d’ailleurs devenu son étendard ; il cite régulièrement d’oniriques passages et s’en inspire pour écrire son autobiographie intitulée Pourquoi ils n’ont pas voulu de moi (3) (il sera attaqué en justice par Sabri Louatah pour atteinte au droit d’auteur).

Rachid Meress autoproclamé Consul 1er des quartiers nord, fidèle parmi les fidèles, ami et collègue de longue date de Marc Gicourt (ce dernier le nommerait « mon gars sûr »), annonce, lors d’un houleux conseil municipal, son ralliement à son inévitable rival. Le coup est dur pour le premier édile.

25 décembre 2025. 20h00. Carré St Vincent. Marc Gricourt, son directeur de cabinet (Franck Heyde Bétancourt) et son conseiller en communication (Jean Deblois) remarquent que « c’est un brillant symbole d’ouvrir le nouveau centre commercial le jour de noël !».

La société Perru-Show, spécialisée en évènementiel, de Nicolas Perruchot est à la manœuvre. En effet ce dernier, ayant quitté ses fonctions de Président du Conseil Départemental (suite à sa suppression en 2025) s’est reconverti et a étoffé son carnet d’adresse dans le showbiz. Il entend assurer le spectacle. Il annonce Michel Sardou en concert d’inauguration !

L’ouverture est un succès. Michel donne une prestation de haut vol, les stars du journalisme se pressent et le ruban tricolore est coupé devant un parterre ébahi.

Marc Gricourt en profite pour annoncer sa candidature à sa propre succession. L’Imperator est prêt à se lancer dans une 4ème bataille municipale (4). Benjamin Vétélé se retire officiellement de la vie politique et part vivre à Marseille avec femme et enfants.

22 mars 2026, 20h00. Hôtel de ville de Blois. Le parvis de la mairie est noir de monde, les quidams inondent le majestueux hall de l’hôtel de ville. La foule excitée attend l’heureux élu en criant « on a gagné, on a gagné ! »…

L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Développeur du projet Carré St Vincent
(2) Les Sauvages, Flammarion, Sabri Louatah
(3) Pourquoi ils n’ont pas voulu de moi, Éditions Plume d’Éléphant, Malik Bénakcha
(4) N.R. du 17/01/2020 – A Blois, les vœux très politiques du maire Marc Gricourt aux forces vives : « Voilà douze ans que notre tandem roule à merveille, douze années de mariage. Nous irons peut-être jusqu’aux noces d’argent*. » * 25 ans de mariage.

Blois – Municipales 2020 : Le bilan de Marc Gricourt passé au crible

Trêve des confiseurs oblige, Blois 2020 LGD a pris quelques jours de repos. En guise de dernier article et pour mieux se retrouver l’année prochaine, nous vous proposons de faire le point sur le bilan du maire sortant.

« Le temps passe et passe et beaucoup de choses ont changé /Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé/On fait le Bilan calmement en s’remémorant chaque instant/Parler des histoires d’avant comme si on avait 50 ans ». C’est en 2000 que le groupe de hip hop français Neg’ Marrons sortait leur album Le Bilan(1) dans lequel les deux rappeurs faisaient la rétrospective de leur éphémère carrière et lançaient ce refrain qui résonne encore aujourd’hui.

Refrain qui doit également inlassablement murmurer dans les têtes de l’équipe municipale en place (soyons honnêtes, dans les têtes de moins d’une dizaine d’élus de la majorité tout au plus. Ceux de moins de 50 ans) à l’heure de se jeter dans une nouvelle aventure électorale.

Un bilan sans droit d’inventaire

Confiance : nom féminin, (latin confidentia, avec l’influence de l’ancien français fiance, foi) Assurance, hardiesse, courage qui vient de la conscience qu’on a de sa valeur, de sa chance.

Sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose.

Sentiment d’assurance, de sécurité qu’inspire au public la stabilité des affaires, de la situation politique.

En 2014, le maire sortant était réélu sur la liste Blois en toute confiance et repartait aux responsabilités pour six années de plus. Son programme comportait cinq grands axes : une ville qui entreprend et investit pour l’avenir, une gestion saine et des services publics de qualité, une ville qui prend soin de tous, une ville vivante, une ville où il fait bon vivre.

Soyons « Chauvin » (ici nous ne visons pas l’adjectif) et commençons par ce qui a réussi :  comment Marc Gricourt est devenu un formidable maire gestionnaire ? Ce pour quoi nous avons pu lui faire confiance.

Conforter l’agriculture biologique et le circuit court, améliorer la signalétique des commerces, proposer un marché dans le quartier Quinière, créer une délégation à l’économie sociale et solidaire (délégation animée par Myriam Couty, qui en a profité pour créer sa propre entreprise dans cette branche, chapeau !), développer la marque Blois-Chambord, proposer une gestion saine de la ville et de ses finances, asseoir l’éveil culturel des enfants, proposer un projet éducatif local cohérent, créer une école de la 2ème chance, proposer un Pass étudiant, créer un Skate park (à la base au quartier gare) malgré de probables nuisances, renforcer le pôle étudiant Gare-INSA, soutenir le CFA, affermir le CIAS et aménager de nouveaux locaux, créer un stade synthétique et rénover certains équipements sportifs, renforcer la démocratie locale (et proposer de rencontrer des élus sur des permanences ponctuelles), asseoir la Halle aux Grains au niveau national, créer la maison de la BD, déménager le musée de la résistance, améliorer le jumelage, maintenir une coopération avec les associations et proposer des objectifs pluriannuels, allouer une gestion publique de l’eau, sont autant d’objectifs réussis et pérennes sur l’avenir. Ils l’ont fait !

D’ailleurs l’équipe de campagne Gricourt2020 se gargarise depuis peu sur les réseaux sociaux, via des encarts de couleur numérotés(2), des engagements tenus et ce, sans émettre la moindre réserve.

Malgré ces réalisations les problématiques demeurent nombreuses et nous avons conscience, au risque de passer pour d’infâmes moralisateurs, qu’il n’est pas aisé pour une majorité municipale de mener à bien toutes les promesses faites lors d’une campagne électorale.

Ainsi nous pouvons constater que, soutenir et accompagner les entreprises, le commerce et l’artisanat, relocaliser de nouvelles sociétés, dialoguer avec les chefs d’entreprise, maintenir la pression pour la desserte ferroviaire, dynamiser le commerce de centre-ville, réapproprier les bords de Loire, améliorer l’accueil dans les services publics (fermeture de la poste des Cornillettes, pas de service minimum en cas de grève dans les écoles…), créer une maison d’assistantes maternelles et travailler avec elles sur des horaires décalés, améliorer la qualité des repas dans les cantines scolaires (quelques problématiques récentes sont apparues avec le prestataire actuel), faciliter l’employabilité des jeunes, créer un carnet de loisir pour les plus âgés, accompagner durablement les professionnels de santé, construire une maison de l’international, créer un restaurant d’insertion (sauf si le bar du lac de la Pinçonnière est considéré comme tel !), améliorer la mobilité et le stationnement sont autant d’objectifs non atteints. Ils ne l’ont pas fait !

Sans compter certains choix politiques qui apparaissent hasardeux. Pêle-mêle, nous pouvons mentionner l’aménagement du cœur de ville avec une minéralisation à outrance, le développement irrationnel d’une zone commerciale au carré Saint Vincent ou encore la déraisonnable cession d’une partie du patrimoine blésois.

Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé…

Aussi, en 2014 le candidat Marc Gricourt nous expliquait qu’agir pour l’emploi était sa priorité et qu’il fallait faire revenir des habitants à Blois.

Au 1er janvier 2017, la ville comptait 46 086 habitants, soit une légère augmentation du nombre d’habitants depuis 2016. Le premier édile le confessait : « la baisse de la population se confirme, c’est une donnée négative mais hélas un phénomène auquel on est confronté depuis près d’une vingtaine d’années »(3).

En cinq ans, le taux de chômage des blésois de 15-64 ans est passé de 17,8 % à 19,2 % et le taux de pauvreté de 12,9% à 25,5 %(4). Entre 2008 et 2017, ce sont 3 000 emplois qui ont été détruits sur le territoire d’Agglopolys.

Proposer un programme politique et économique novateur et l’établir sur six années n’est pas simple, nous le consentons.

En deux mandatures, soit 12 ans « au service » des Blésois, le premier magistrat de la commune a pu développer une politique à son image. Certains la trouvent bonne quand d’autres la trouvent usée.

En 2026, Marc Gricourt aura 65 ans. Bien qu’il soit contre la réforme des régimes de retraite du gouvernement Macron(5), il lui fait une cocasse publicité en prouvant qu’on peut se lancer dans une énième aventure professionnelle à l’heure où d’autres supputeraient qu’il serait temps de prendre une retraite bien méritée.

Au bout d’une troisième mandature, soit 18 ans aux responsabilités (l’âge d’être majeur pour un enfant blésois né en 2008), le maire de Blois sera-t-il harassé, exténué par le pouvoir ?

Seul l’avenir le dira mais… Attention au mandat de trop.

L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Le Bilan, Sony Music, 2000
(2) Gricourt2020, « bilan de nos engagements »
(3) La NR, 12 janvier 2019
(4) Source : INSEE
(5) Facebook, 11 décembre 2019, 5 décembre 2019, 4 décembre 2019

Blois – Municipales 2020 : Bénakcha, Panchout, Prêtre : Trois inconnus au premier tour, trois frères au second ?

La division à droite est au cœur de la campagne électorale à Blois. La machine à perdre est-elle une nouvelle fois lancée ? Malik Bénakcha entend rassembler derrière son nom. Cela ne fait pas l’unanimité.

En 1995, la troupe des Inconnus connaissait un énorme succès au cinéma avec leur film les Trois Frères(1). L’amusante histoire de trois demi-frères que tout oppose et qui finissent par s’unir dans l’adversité pour mieux se retrouver. Presque sept millions d’entrée et des rediffusions à la pelle sur les chaînes hertziennes. Un vrai triomphe populaire.

25 ans plus tard, Franck Prêtre, Etienne Panchout et Malik Bénakcha comptent nous proposer le remake politique. Pour le plus grand bonheur des spectateurs Blaisois avisés. Ad ta tatum temporis.

Dans une interview accordée à La NR le 29 novembre dernier, le candidat investi par le parti Les Républicains expliquait : « Je continue de tendre la main à Franck Prêtre mais il la refuse. Il lui faut prendre conscience du poids qu’il pèse et de ce qu’il représente. Il n’y a pas de dynamique autour de lui. S’il est candidat, c’est parce qu’il n’a pas réussi à avoir l’investiture des Républicains. Mais nous restons dans la même famille. Le vote utile, ce n’est pas la dissidence et j’espère que le principe de réalité l’emportera. Avec Étienne Panchout, c’est la même chose. La dynamique n’y est pas non plus. Il a fait venir deux ministres et il n’a réuni que 30 personnes. A lui aussi je tends la main ».

Une fiscalité à 100 patates !

Qu’on se le dise, jusqu’au 15 mars 2020 au soir – date du premier tour des municipales – les trois compères vont fermement s’opposer, voire de se déchirer sur différents thèmes de campagne (Lire La NR du 16 mars 2019 où Philippe Bahu, soutien à Franck Prêtre, critiquait vivement l’investiture de Malik Bénakcha).

Au-delà des postures partisanes, les distensions risquent d’apparaître sur la gestion économico-sociétale globale de la ville.

Honneur au doyen. Franck Prêtre, non investi par Les Républicains, a décidé – à l’instar de ce qu’a fait Gildas Vieira avec son collectif LaFra – de créer sa propre association La Nouvelle’R. Mouvement citoyen qui a pour objet social informel (toujours à l’instar de ce qu’à fait Gildas Vieira) de promouvoir sa propre personne. Se disant issu de la droite modérée et campant sur ses positions, le dissident entend gérer la ville comme un « bon père de famille » gérerait une entreprise. Son axe majeur : le développement économique tout azimut entre Orléans et Tours. Comment ? ça il ne le dit pas (pas encore en tout cas).

Etienne Panchout est le candidat du gouvernement. Les sondages n’étant pas favorables aux investis de La République En Marche, cela ne doit pas lui filer le bourdon pour autant. Son programme pour la ville aborde des thèmes à la mode et porteurs tels que l’écologie, la gouvernance de proximité ou encore l’accessibilité. Issu du Modem, il a fusionné avec LaREM dans un esprit d’ouverture républicain. Mais en même temps, il n’entend pas laisser de places à d’autres ouvertures politiques (Louis Buteau s’en rappelle encore(2)).

Finissons par le cadet. Malik Bénakcha se sentant le plus légitime use  de son investiture officielle, il représente à 100% la droite républicaine ; celle qui n’hésite pas à surfer sur des thèmes chers au Rassemblement National. Son programme tend naturellement vers le tout sécuritaire tout en proposant un investissement massif sur des projets tels que l’hôtel Dieux ou encore la 2nd sortie d’autoroute.

Trois hommes, trois projets différents, zéro programme de financement !

En effet, s’il y a bien un point commun entre les trois opposants, c’est leur propension à ne pas dire comment ils vont financer leurs projets. Et la fiscalité on en parle ?

Malik Benakcha souhaite un niveau stable d’impôts locaux quand Etienne Panchout réclame une nette baisse expliquant que le taux de prélèvement est un des plus haut. Franck Prêtre ne se positionne pas.

Une chose est sûre et pas besoin d’être spécialiste en économie pour comprendre que s’ils veulent réaliser la totalité de leur programme, les trois camarades ne pourront pas baisser la fiscalité locale. De là à l’augmenter ? Il est nécessaire de se (leur) poser la question.

La problématique c’est qu’une seule liste va remporter les prochaines élections et celle de Marc Gricourt prend déjà de l’avance (Ce dernier a fait une annonce forte lors de l’inauguration de sa permanence de campagne en ralliant des forces de gauche et les verts à sa candidature(3)).

Une fusion de liste (im)probable

Rappelons que 5% des suffrages sont nécessaires pour fusionner. Les listes n’ayant pas atteint 10% des voix ne peuvent pas se maintenir. Celles qui ont dépassé les 5% ne sont pas pour autant hors course. Elles peuvent fusionner avec une autre liste à la condition que celle-ci doit avoir atteint les 10%.

Si deux listes souhaitent fusionner, la composition de la nouvelle équipe est libre. Les candidats doivent donc se mettre d’accord sur une nouvelle liste, avec les obligations légales, comme la parité notamment, en vigueur au premier tour.

Telle est la stratégie affirmée de Malik Bénakcha. « Nous restons dans la même famille » dixit ce dernier ; un peu comme des demi-frères que tout oppose et qui finissent par s’unir dans l’adversité politique d’un second tour.

Mais l’équation reste complexe et le grand écart difficile à maitriser entre une liste de soutien au gouvernement, une sécuritaire et une autre « plan-plan » avec des programmes économiques et sociétaux totalement différents (Complexe, mais pas impossible à réaliser. Après tout, Marc Gricourt a bien réussi ce grand écart !).

Etienne Panchout s’est d’ailleurs targué d’un communiqué de presse(4) ses dernières heures plutôt explicite dans lequel il rappelle vouloir mettre un terme aux tentatives maladroites de tractations politiques menées par Malik Bénakcha et de refuser de travailler avec ce dernier.

Bref. Nous sommes à quatre mois des élections municipales. Chacun s’enorgueillit d’avoir le meilleur projet, différent des deux autres, plus abouti, plus moral, plus républicain… Quand d’autres méprisent un futur rapprochement.

Mais on le sait tous, en politique tout est envisageable notamment lors d’un second tour.

Après tout lorsqu’il faudra user de magnanimité pour gagner l’élection certains vont se rappeler que « comme le disait Timothée Gustave, le Montaigne de chez nous, il faut cultiver la différence et non l’indifférence ».

L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Film français réalisé par Didier Bourdon et Bernard Campan.
(2) Voir La NR du 14/09/19.
(3) Voir La NR du 16/11/19.
(4) Voir la publication Facebook d’Etienne Panchout en date du 31/11/19.

Blois – Municipales 2020 : La social-écologie, la nouvelle « com com » du PS et de Marc Gricourt

Le maire de Blois a inauguré sa permanence au 6 rue Denis Papin et au passage, a fait une annonce forte. La campagne électorale est définitivement lancée.

« Tout le monde se dit écolo, mais nombreux qui l’affirment veulent plus de place à la voiture dans la ville, ou encore un échangeur routier ». C’est par ces mots que Marc Gricourt inaugurait sa permanence de campagne samedi 16 novembre 2019. Il faisait alors une annonce forte en déclarant que le parti Europe Écologie Les Verts (EELV) ralliait sa cause et qu’une liste commune Parti Socialiste (PS) – EELV – Génération.s – Place Publique – Parti Communiste (PC) allait voir le jour pour renouveler la confiance au maire sortant.

Marc Gricourt en formation au PS…

Au crépuscule de ce samedi glacial de novembre, part un discours simple voire simpliste, la social-écologie prenait toute sa forme.

Théorisée par Eloi Laurent(1), chercheur à l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) et mis en application par le PS dans sa (re)conquête du pouvoir, la social-écologie(2) se veut comme un courant politique permettant de joindre les questions sociales et sociétales aux questions écologiques et d’urgence climatique.

Au-delà d’une pensée politique aboutie, ce mouvement se veut comme un « obusier » destiné à éparpiller les lignes politiques adverses et permette au PS de redorer son blason électoraliste ; une sorte de « Grosse Bertha » crépitant des idéaux écolo-économiques.

Marc Gricourt en fidèle socialiste, l’a bien compris et chasse sur les vertes terres Blaisoises notamment depuis un soir du 26 mai 2019 où EELV s’est révélé aux yeux des Européens comme la troisième force politique en France – derrière La République En Marche et le Rassemblement National.

Depuis des vocations sont nées parmi les politiques et militants en tout genre ; la politique locale n’y échappe pas.

Ainsi le maire de Blois, au sortir des élections européennes, affirmait par le bais d’un communiqué vouloir « inventer de nouvelles façons de s’exprimer autour des urgences écologiques » et « œuvrer à l’union la plus large autour des valeurs qui fondent l’engagement de l’équipe municipale au plus près des Blésois de tous horizons ».

…ainsi qu’au « Greta »

Dans la foulée, il orientait ostensiblement sa communication politique : visite d’une production maraîchère bio sur des terrains de la ville de Blois, inauguration d’une passerelle « voie douce » pour  piétons et cyclistes à Cap Ciné, direction Albi pour le congrès des Villes de France et la visite du site « hydrogène » vu comme « une alternative intéressante à condition qu’elle s’appuie sur l’électricité verte », promenade sur un marché des producteurs pour « rappeler la richesse de nos productions et transformations locales et l’augmentation du bio », appui à Guillaume Garot, député estampillé PS qui affirmait « nous ne pouvons pas accepter des bovins nourris aux farines animales », choix du camping pour les vacances avec les petits enfants, visite d’un chantier « vert » de plantation de marronniers avenue Maunoury, communication de soutien à Daniel Cueff maire de Langouët mis en lumière par son arrêté anti-pesticide, alerte du Président de la République sur la pollution provoquée par les avions publicitaires faisant le va-et-vient sur les bords de la méditerranée ; tout cela en critiquant le manque d’humilité de…Yannick Jadot tête de liste EELV aux dernières élections européennes.(3)

Ses soutiens, maire-adjoints, conseillers municipaux, référents locaux du Parti Socialiste, et sympathisants manifestaient également la même propension écologiste allant même jusqu’à communiquer sur l’utilisation quotidienne des trottinettes électriques ou à fustiger maladroitement les sceptiques opposants à Greta Thunberg.(4)

Une « com com » pour candides

Communauté. Nom féminin. Groupe social dont les membres vivent ensemble, ou ont des biens, des intérêts communs.

Cette nouvelle façon de communiquer du maire sortant est à destination d’une communauté qui se retrouve dans les idées écologistes ; la même qui en a fait une troisième force politique. C’est un modèle de communication virale dite communication communautaire.

Cette communication communautaire ou « com com » a fait son apparition en 2007 avec l’essor des réseau sociaux au moment où les communautés sur internet étaient de plus en plus présentes et puissantes.

Traduction. Le modèle communautaire ne se base plus donc sur un message transmis d’un émetteur vers un récepteur. On part du principe que l’émetteur (ici Marc Gricourt) ne cherche plus à toucher un individu mais une communauté dans laquelle l’individu est noyé et inaccessible. Le schéma de communication virale sert de base à des campagnes visant à toucher un groupe précis afin, par viralité, de transmettre l’information aux membres qui la composent.

Les plans d’attaque sur les campagnes de communication vont dès lors s’appuyer sur des modèles d’adhésion confirmée ou d’apprentissage attribué. On va essayer de séduire la communauté (objectif affectif) afin de gagner sa confiance. On peut alors pousser les individus à agir (objectif conatif) ou tout simplement les informer (objectif cognitif). Lorsque l’opinion générale de la communauté valide le bienfondé du message, l’individu sera touché par ce dernier, et touchera par viralité tous les autres membres(5).

Et les écologistes Blaisois dans tout ça ? Ils vont sûrement y trouver leur compte (les bons comptes faisant les bons amis) en exigeant des places éligibles et stratégiques sur la liste dite collégiale.

Places qui leur permettront d’avoir une assise politique rationnelle dans une commune bastion de la « gauche » plurielle depuis 12 ans et de surcroit chef-lieu de préfecture ; les élections régionales arrivants à grands pas !

Peu importe alors la communication à destination des novices voire des candides, la minéralisation d’un centre-ville déjà exsangue ou encore la construction d’un énième centre commercial (ils en pensent quoi à EELV de la destruction d’un bureau de poste pour le reconstruire quelques dizaines de mètres plus loin ?)… Après tout, comme l’exprimait Machiavel dans son célèbre texte Le Prince, ce qui compte pour une formation politique comme EELV (et surtout comme le PS) c’est d’avoir le pouvoir et de le garder.

Encore faut-il être élu, mais ça c’est une autre histoire.

                                                                                                          L’équipe de Blois 2020 LGD

(1) Économiste et chercheur Français. Ancien membre du cabinet de Lionel Jospin alors premier ministre.
(2) Déjà théorisé par Laurent Fabius en 2003.
(3) Facebook 18 août 2019.
(4) Icône et militante suédoise pour la lutte contre le réchauffement climatique.
(5) Texte inspiré de Julien Pansier, auteur et professeur en communication.

Blois – Municipales 2020 – Gildas Vieira ou le mélange des genres assumé

Blois LGD 2020 « ose » jouir de sa liberté d’expression. Par conséquent jusqu’aux prochaines échéances municipales nous ferons le portrait d’une tête de liste Blésoise. Celui du jour concerne Gildas Vieira. Tiens, on a sorti le vitriol !

Le 5 octobre 2019, Gildas Vieira s’autoproclamait candidat à la mairie de Blois, devant un parterre médusé (dont le maire de Blois en personne), lors d’une cérémonie organisée en grande pompe au château de Blois sur le thème de l’évasion culturelle ; cérémonie soutenue par la ville de Blois et la Maison de Bégon. Dans la foulée il faisait une interview dans laquelle il expliquait être tête de liste de Osons Blois Autrement (OBA)(1) , ersatz de La France Autrement (La Fra) qui se présente comme « un mouvement socio-politique avec une véritable ouverture d’esprit et des actions de terrain à construire ensemble, au service des associations, des collectivités, des entreprises et du citoyen ».

Portrait

Gildas, Donald, Pati Vieira est né le 19 septembre 1974 au Congo Brazzaville. Blésois d’adoption, il a longtemps oeuvré auprès de partenaires associatifs et sportifs de la ville. Adepte de la maxime mens sana in corpore sano(2), le néo-candidat a été sélectionné en tant que footballeur professionnel par les « diables rouges » (3), équipe qui a participé à la CAN 2000 (Coupe d’Afrique des Nations). Bien qu’il ne prenne part à cette compétition, il n’en sera pas moins l’un des rares athlètes blésois à vivre une telle expérience internationale. Pour la petite histoire, l’équipe du Congo eut un parcours honorable allant jusqu’à rafler un match nul historique contre la terrible équipe du Nigéria qui organisait l’évènement sur son sol.
0-0. Yes we CAN !
Son engagement en politique date de son soutien à Marc Gricourt en 2014(4) quand il est devenu 9ème adjoint en charge de la vie associative, des associations et des maisons de quartiers.
En 2017, il se présenta aux élections sénatoriales en Loir et Cher en tant qu’indépendant. Il obtiendra 88 voix de grands électeurs et par conséquent, ne sera pas élu.
Pas mal pour un novice en politique ! Son apprentissage s’est fait le temps d’une mandature. Il le dit lui-même, il a beaucoup appris aux côtés du Maire de Blois. Depuis il a démissionné de sa fonction de Maire-Adjoint pour se consacrer exclusivement à la campagne électorale.

Un CV qui casse la « Barack »

D’ailleurs, son tract de campagne estampillé « osons » est déjà disponible. Outre les immuables slogans sur le pouvoir d’achat, la qualité de vie ou encore l’environnement, cette brochure nous apprend surtout que Gildas Vieira est Docteur en santé publique, directeur et enseignant. Creusons un peu.
Plus précisément, le démissionnaire se présente comme Directeur de la FRAPS (Fédération Régionale des Acteurs en Promotion de la Santé), association loi 1901 qui oeuvre pour le développement de la promotion de la santé en Région Centre. Financée par l’ARS ou encore le Ministère de la jeunesse et des sports, cette structure propose diverses publications à l’attention des professionnels de santé. Son siège principal est basé à Tours.
Aussi entre coquilles vides et entre-soi affirmé, Gildas Vieira est engagé dans de multiples associations. Président du mouvement La Fra (La France Autrement), Président de l’association EDE (École de l’Espoir), administrateur de ONS (Osons Nous Soigner), administrateur de la SRSP (Société Régionale de Santé Publique), administrateur de l’ORS (Observatoire Régional de la Santé), adhérent de la FNES (Fédération Nationale des Acteurs en Promotion de la Santé), administrateur de la CAN 41 (Coordination des associations Noires), trésorier de l’association BEC (Bien-être communautaire)(5), il est aussi Chercheur, Conférencier international, Chroniqueur TV, Enseignant, Écrivain et Gilet Jaune…Ouf !
N’oublions pas également qu’il est titulaire d’une Maîtrise en économie et finance internationales ainsi que d’un DEA (Diplôme d’Études Approfondies) en Analyse Économique et Méthodes Quantitatives et d’un Diplôme d’Aptitude à la Fonction de Directeur d’Établissement Sanitaire et d’Intervention Sociale. Il parachève son riche parcours universitaire par la soutenance d’une thèse le 15 décembre 2017(6) qui lui permet d’utiliser à maintes reprises le ronflant titre de Docteur en santé publique.
Nous avons pu même constater qu’il était a priori gérant jusqu’en 2017 d’une SARL dites « Harmonie SARL » basée à Muides-sur-Loire qui avait pour activité principale le conseil pour les affaires. Société dont il a été le mandataire liquidateur.
Dès lors deux questions antinomiques nous taraudent : avec toutes ses fonctions et activités, Gildas Vieira aura-t-il du temps pour assumer celle de premier magistrat de la commune ? Ou, Blois petite commune de 45000 âmes, mérite-t-elle un candidat de cette teneur ?
Deux questions qui peuvent prêter à sourire, mais qui nécessitent également d’être posées sérieusement.
En effet depuis presque six ans, Gildas Vieira bat le pavé Blésois et communique sur sa personne ou sa personnalité. Pêle-mêle et dans le cadre de son mouvement La Fra, il a monté l’association du même nom rue du Bourg neuf, collé ici et là d’innombrables affiches à son effigie, lancé l’opération « Blois propre », proposé des cours de danses ou des séances de relaxation par le massage, été à l’initiative d’un café associatif, organisé des conférences thématiques, présenté des éditos économiques et, enfin a « osé » se comparer à Barack Obama par le truchement d’un portrait imitant la célèbre représentation du 44ème Président des États Unis (« Hope » de Shepard Fairey).
Toutes ces actions sont respectables et on a compris, comme le répliquait Raoul Volfoni (7), qu’il n’était pas là « pour beurrer les sandwichs ». Mais il apparaît que sa propension à la communication politique soit inversement proportionnelle à ses actions menées en tant que 9ème adjoint de la majorité municipale.
En effet de 2014 à 2019, Gildas Vieira n’a pas eu le même enthousiasme à communiquer sur sa fonction de Maire adjoint. On ne trouve aucune trace d’actions significatives en faveur du monde associatif ; juste une continuité de ce qui a déjà été entamé sous l’ancienne mandature. Cocasse, il a lui-même lancé son mouvement associatif qui a pour objet (on le sait maintenant) la promotion de sa liste OBA. D’ailleurs son local de campagne est situé à la même adresse que son mouvement La Fra. Est-ce également une adresse postale individuelle ? On attend son droit de réponse.

Et politiquement il en est où ?

Bien qu’il soit un soutien de la majorité municipale actuelle, Gildas Vieira se dit sans ét(t)iquette et n’appartenant à aucune mouvance politique.
Proche du Modem et d’En Marche, il a soutenu localement Emmanuel Macron puis a décidé de s’en éloigner quand la crise politique des Gilets Jaunes a commencé « à pointer le bout de son nez ». Il a d’ailleurs ouvertement soutenu les actions et revendications des manifestants allant même jusqu’à porter l’habit fluo avec l’écharpe tricolore lors d’une interview au sulfureux média russe RT. Cela lui a-t-il valu en interne, les foudres de Marc Gricourt ?
Après cette impromptue escapade parisienne, il est resté fidèle – jusqu’en octobre dernier – à celui qui lui avait donné sa « confiance » en le plaçant sur sa liste.
En effet, malgré son ambition affichée à vouloir succéder à Marc Gricourt et son narcissisme assumé on peut garantir que Gildas Vieira a une grande qualité : la loyauté.
Celle-ci le mènera-t-il jusqu’au fauteuil de Maire ? Pas sûr. Au moins, son engagement politique récent fait de lui un homme neuf aux yeux du quidam Blésois et ça, c’est déjà pas mal.
Mais à force « d’oser » jouer sur tous les tableaux, on peut finir par se prendre les pieds dans le tapis et ça c’est bien dommage pour Blois. Maintenant que la campagne est lancée, il ne lui reste plus qu’une chose à faire : « montrer qui c’est Raoul » et assumer ses choix. Réponse en mars prochain.


L’équipe de Blois LGD 2020


(1) La NR du 06/10/2019
(2) Un esprit sain dans un corps sain
(3) Équipe de football du Congo, à ne pas confondre avec l’équipe de football Belge
(4) 11ème de la liste Blois en toute confiance
(5) Présidée par son frère Benny – La NR du 16/02/2013
(6) Thèse de doctorat en psychologie. Sujet : La promotion de la santé pour les populations d’Afrique subsaharienne en France. Sous la direction d’Emanuel Rusch président de la FRAPS (employeur de Gildas Vieira) et de Robert Courtois
(7) Personnage joué par B. Blier, Les tontons flingueurs, G. Lautner 1963

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